[]
 

Accueil > Librairie AdmiNet > Frédéric Chauvaud : L’effroyable crime des sœurs Papin

Pour commander, cliquez ici

Frédéric Chauvaud : L’effroyable crime des sœurs Papin

Le surgissement du malheur

Pelotonnées l’une contre l’autre, Léa et Christine Papin sont enfouies sous les couvertures d’un même lit à l’étage d’une maison cossue du Mans. Frissonnantes et terrorisées, elles entendent les heures sonner. Le bruit d’une porte, un moment de stupeur, puis des voix, une sorte de plainte étouffée, des pas précipités dans l’escalier, des cris d’horreur ne suffisent pas à les sortir de leur hébétude. Seules au monde, réunies peut-être pour la dernière fois, elles semblent regarder un point imaginaire, à moins qu’elles ne fassent défiler, chacune à son rythme, un des épisodes de leur vie, voire la scène sanglante qui s’est déroulée entre des murs couverts de papier peints et aux parquets dissimulés sous un épais tapis. L’agitation soudaine offre un saisissant contraste avec le silence glacial qui a précédé l’entrée de plusieurs hommes. Ce silence, définitivement déchiré, a enveloppé pendant quelques heures, comme un linceul provisoire, à la fois sinistre et protecteur, les corps de deux autres femmes étendues sur le palier du premier étage. Au second, derrière une porte fermée à clé, sont enlacées, en peignoir, les soeurs Papin. La mince cloison sépare les deux bonnes, aux épaules tremblotantes, des cadavres de leurs patronnes, Madame Lancelin et sa fille Geneviève, atrocement mutilées. Dehors, dans les vapeurs du crépuscule, il est huit heures du soir. La ville somnole et les pavés réverbèrent le son de rares pas alertes. La rue Bruyère, avec son étroit trottoir et sa chaussée légèrement déformée, est à peine éclairée. La maison où l’effroyable crime a été commis est plongée dans la pénombre et ressemble à « la caverne d’un gigantesque animal assoupi ». Seule une lumière furtive, visible de la rue, indique une présence humaine d’abord au premier étage puis dans la chambre des bonnes.

Le 2 février 1933, la police du Mans découvre le cadavre de Madame Lancelin et de sa fille, frappées à coups de marteau et de couteau et énuclées. Très vite, les deux bonnes au service des Lancelin avouent le meurtre. Victimes de mauvais traitements de la part de leurs patronnes, Christine et Léa Papin se sont ainsi vengées par un crime particulièrement odieux : elles les ont en effet tuées en suivant les différentes étapes de la recette de cuisine pour préparer les lapins… Acte de folie ou tragique illustration de la lutte des classes ? Ce double-meurtre va passionner la France entière et les enquêteurs ont cherché en vain à comprendre les motivations des deux sœurs…

Autres livres en cliquant ici

Pour commander, cliquez ici