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Entre les mondes matériels et électroniques, émergence d’un troisième monde, celui de l’hybride.

mercredi 3 mai 2006, par Gilles Saulière

Depuis la loi du 13 mars 2000, la signature
électronique a fait son chemin. Le paysage s’est
décanté, les autorités de
certification ont quitté l’avant scène pour
concentrer sur leur fonction, les acteurs se sont mis en place, les
juristes ont appris à apprivoiser cette nouvelle
donnée, les applications de
dématérialisation ont commencé
à se déployer. (Trop) lentement mais
sûrement, le processus s’est lancé, il ne
s’arrêtera plus. Et il génère de
nouvelles opportunités de business.

Nous avons aujourd’hui 2 mondes, celui du matériel, celui de l’immatériel :

  • Le monde matériel, où
    règnent en maîtres, les hommes, la
    matière, première ou non, les marchandises et
    tout ce qui sert à abriter et
    véhiculer les uns et les autres.
  • Le monde immatériel, électronique,
    où règnent aussi les hommes et où se
    trouve désormais l’information, et tout ce qui sert
    à la générer, la conserver,
    l’échanger. Ces 2 mondes sont parallèles,
    exclusifs l’un de l’autre. C’est une évidence lorsque l’on
    situe cette affirmation au niveau de la matière,
    difficilement dématérialisable sauf dans les
    films et séries de SF, c’est moins flagrant pour ce qui
    concerne l’information, 

Le troisème monde, hybride :

Entre ces 2 mondes, il existe un troisième monde,
ou plutôt, un monde hybride entre les 2 premiers mondes, un
sas, dont l’unique objet est d’assurer le lien entre les 2 autres, un
monde obligatoire pour passer de l’un à l’autre, du
matériel à l’immatériel et de
l’immatériel au matériel, un monde où
dématérialisation et matérialisation /
rematérialisation sont à la fois un enjeu de
notre temps, un enjeu juridique et un enjeu industriel. En effet, une
multitude d’actes y sont à accomplir chaque seconde qui
passe, le droit à l’erreur n’y existe pas, tant faire passer
une information d’un monde à l’autre est une entreprise
sensible, délicate, d’une part pour ne pas la perdre ou ne
pas la déteriorer, mais aussi et surtout, pour la
transférer dans l’autre monde sans rien lui faire perdre de
sa valeur juridique.

L’avènement du deuxième monde a
inquiété et inquiète toujours ceux qui
vivaient jusqu’ici sans souci de la manne du transport
matériel de l’information.

Le téléphone, tout d’abord, a
inquiété La Poste, qui se l’est d’ailleurs
approprié à ses débuts, la Poste
étant devenu les P & T, puis les PTT, avant
d’abandonner les 2 T pour redevenir elle-même (Cf. <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Poste_%28France%29#Histoire"
target="_blank">l’histoire de La Poste sur wikipedia).
Le minitel, Le fax, puis Internet et surtout Internet et l’email sont
devenus un danger pour l’acheminement des lettres, de moins en moins
indispensables au transport de l’information.

  • La Poste française a réagi assez
    vite, en se positionnant, du moins dans la communication, sur la base
    de sa légitimité acquise sur le premier monde et
    sur le courrier à valeur ajoutée. C’est ainsi
    qu’elle a annoncé très vite et à
    grands renforts de communication, une offre en matière de
    recommandé électronique ...qui n’existe toujours
    pas !, et plus sûrement, en se lançant
    à la conquête du troisième monde sur ce
    qui constitue son point fort, avec son offre de <a
    href="http://lre.laposte.fr/" target="_blank">recommandé
    hybride.

  • Mais de nouveaux acteurs se sont
    présentés sur ce terrain nouveau du courrier
    à valeur ajoutée, tels <a
    href="http://www.posteasy.fr/">Posteasy ou <a
    href="http://www.keyvelop.com/" target="_blank">Keyvelop,
    qui proposent tous deux du courrier recommandé
    électronique. De même, certains se sont
    également lancés à l’assaut du
    courrier hybride, comme target="_blank">Posteasy, présent donc
    sur les deuxième et troisième mondes, ou encore
    NPAI (Groupe target="_blank">Imaterialis), sur le courrier
    hybride simple.

De même, les acteurs de la conservation de
l’information ’matérielle’, papier, archiveurs,
 ont vu leur marché naturel être remis en
question dans son existence même.

  • Là aussi, les acteurs importants de
    l’archivage, institutionnels, comme la Caisse des
    dépôts et consignations, ou encore les archives de
    France, ont réagi sur la base de leur
    légitimité assise sur le premier monde, en
    montant une prestation d’archivage électronique à
    valeur probatoire (Cf. target="_blank">CDC Arkhineo, du groupe Caisse des
    dépôts).

  • Mais de nouveaux acteurs sont nés sur ce
    marché purement deuxième monde, comme <a
    href="http://www.cecurity.com/" target="_blank">Cecurity.com,
    éditeur de solutions d’archivage légal devenu
    incontournable. Les archiveurs plus modestes se sont alors
    tournés vers le troisième monde, tentant
    d’occuper le terrain de la dématérialisation des
    archives papier ou encore celui de la re-saisie des informations issus
    de documents papier pour les mettre à disposition de leur
    propriétaire, cette fois sous forme électronique
    dans le deuxième monde. De nouveaux acteurs se sont
    également placés sur cette opportunité
    offerte par le troisième monde, comme ATM (Groupe <a
    href="http://www.imaterialis.com">Imaterialis).

Le troisième monde, voie royale pour le second.

Le troisième monde intéresse donc les
deux premiers, 

  • Les acteurs du premier monde mis en danger par
    l’avènement du deuxième ;
  • Les acteurs du deuxième monde qui voient
    là une façon efficace de capter un
    marché de l’immatériel encore naissant,
    tout en accompagnant la progression 
    aléatoire de leur business par une activité plus
    hybride et donc plus stable, ancrée comme elle l’est pour
    moitié dans le monde matériel.

A coup sûr, ceux qui sauront construire le
troisième monde, l’hybride, le passage, le
sas, dans les 2 sens, du matériel vers
l’immatériel et de l’immatériel vers le
matériel, auront les meilleures chances d’obtenir une bonne
place dans le deuxième monde encore en friche, celui des
échanges électroniques.


Voir en ligne : L’article sur le blog ApoKlipsTIC